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Un téléviseur
Laser pour toutes les bourses ?
| Mitsubishi
vient de présenter au CES (Consumer Electronic
Show) un rétroprojecteur de 65 pouces à
laser. JVC présentait également
un prototype de projecteur à laser. Peu
de précisions ont été fournies.
Mais en rassemblant les informations d'ici ou
là il est possible de se faire une idée
du fonctionnement de ces nouvelles bête.
La réponse : NECSEL + DLP + D I L A. |
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François
Luxereau
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La
projection laser, serpent de mer, arlésienne
ou réalité ?
Depuis une bonne vingtaine d'années le laser
a été une sorte de produit mythique
pour la projection vidéo de grande dimensions.
Il s'agissait de faire balayer la surface d'un écran,
ligne par ligne, comme le fait le faisceau électronique
dans le tube du téléviseur. La déflection
était obtenue soit par des miroirs tournant
soit par des cristaux acousto-optiques assurant également
la modulation du faisceau. Nous avons pu assister
à quelques démonstrations intéressantes,
mais jamais un produit finalisé n'est apparu.
Difficultés techniques, puissance nécessaire
énorme, dangers potentiels, étroitesse
du marché ont constitué autant de freins
aux différents projets.
C'est
aujourd'hui un autre type d'utilisation des lasers
qui semble sur le point de voir effectivement le jour
d'ici quelques années. Si le projet est moins
" globalement ambitieux ", il semble plus
crédible.
Il s'agit uniquement de remplacer les lampes des projecteurs
de type DLP (Texas Instruments et Mitsubishi), LCD
ou LCOS (D-ILA de JVC) par un ensemble de diodes laser
VECSEL (vertical cavity surface-emitting laser), rayonnant
dans les trois couleurs primaires, dont le développement
a été dopé par les besoins des
réseaux de télécommunications.
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Vertical
Surface-emitting Cavity Lasers
| Une
diode laser (celles qui équipent
nos lecteurs de CD) est schématiquement
constituée d'une cavité (un
résonateur), contenant un semi-conducteur
(généralement de l'Arséniure
de Gallium) avec une jonction P-N (une diode
tout simplement). La cavité est limitée
aux extrémités (laser edge)
par deux miroirs face à face (miroirs
diélectriques interférentiels
ou miroirs de Bragg) ; l'un des miroirs
est semi-réfléchissant. |
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Le
passage d'un courant dans la jonction provoque
la recombinaison électrons-trous
avec apparition de photons. La présence
des miroirs fait que les photons initiaux font
un va et vient à l'intérieur du
semi-conducteur selon une direction et avec
une fréquence bien déterminées.
Au cours de ces aller et retour ils provoquent
l'apparition de nouveaux photons. Si le gain
de ce système est supérieur à
un il apparaît une réaction en
chaîne qui provoque un rayonnement cohérent
(phase, fréquence et direction identiques)
à travers le miroir semi- réfléchissant
: le rayon laser.
Les diodes laser classique émettent parallèlement
à la jonction.
Les
VCSELs apparues il y a une dizaine d'années
émettent un rayonnement infrarouge dirigé
vers le haut de la puce. Le
fonctionnement des diodes peut donc être
testé directement sur le wafer ce qui facilite
le processus de fabrication.
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La
surface d'émission qui était
d'environ 2 µm de diamètre
dans les diodes "laser edge"
en raison de la faible épaisseur
de la jonction peut atteindre 20 µm
dans cette structure verticale d'où
un rayonnement plus important.
Par contre la nouvelle configuration limite
les possibilités de refroidissement
de la diode ce qui en limite la puissance. |
Les
diodes peuvent être, dans une certaine mesure,
accordées sur une fréquence donnée
en modifiant, par exemple, les dimensions de la
cavité résonante grâce à
des systèmes piézoélectriques. |
L'utilisation
de diodes laser apporte pour la projection plusieurs
avantages par rapport aux lampes de type UHP aujourd'hui
utilisées
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Le faisceau des lampes doit être divisé,
grâce à des filtres dichroïques,
en trois faisceaux colorés R,V,B
avant d'attaquer les modulateurs de lumière.
- L'espace de couleur (gamut) obtenu avec
les lasers est beaucoup plus étendu
- La lumière des diodes lasers est
polarisée ce qui représente
un intérêt certain pour les
projecteurs LCD ou LCOS qui exigent de polariser
la lumière incidente.
- La durée de vie est beaucoup plus
élevée (on parle de 20 000
à 30 000 heures) sans altération
de luminosité ou de colorimétrie
- L'énergie consommée serait
environ 25% inférieure à celle
des écrans plasma ou LCD. |
Un
nouvel avantage semblerait voir le jour : des
rétroprojecteurs à diodes laser
pourraient être moins chers que les écrans
plats actuels |
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Plusieurs
sociétés américaines s'intéressent,
plus ou moins, à ce sujet. Mais c'est Novalux
qui fait aujourd'hui la course en tête avec ses
blocs de diodes laser intégrés NECSEL
(Novalux Extended cavity surface-emitting laser).
Novalux : une réussite scientifique et technique
Novalux a amélioré la conception des VCSEL.
Une amélioration de la configuration a permis
d'augmenter la puissance délivrée.
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Le
miroir de sortie a été décomposé
en deux éléments ce qui améliore
la collimation du rayonnement et ce qui a permis
de placer un matériau optique non linéaire
pour en doubler la fréquence. |
| Le
rayonnement des différents diodes de chaque
groupe (array) traverse un élément
optique diffracteur qui transforme le faisceau
laser circulaire gaussien en un faisceau rectangulaire
adapté aux modulateurs de lumière
des projecteurs. La multiplication des sources
et la diffraction éliminent le spekle,
cette sorte de bruit de fond ou plutôt de
granularité propre à l'imagerie
laser.
Les
diodes Necsel sont données pour fournir
une puissance de 3 W à 465 et 532 nm
(bleu et vert) et de 1,2W à520 nm (rouge).
On notera que ces fréquences donnenet
un espace de couleur bien plus étendu
que celui que nous connaissons aujourd'hui en
vidéo.
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Novalux : Une réussite industrielle et commerciale
Il fallait également une véritable stratégie
institutionnelle pour pouvoir espérer créer
le marché de masse qui permettra de faire tomber
les composants à un prix abordable. Novalux envisage
un prix inférieur à 40 dollars pour 3
couleurs à 3 W si la production atteint 10 millions
d'unités par an !
Pour
espérer atteindre ce résultat la société
de recherche de la Silicon Valley (issue des travaux
du MIT subventionnés par l'armée américaine
) a accepté d'être rachetée pour
7 millions de dollars par la société
Arasor important fabricant australien de matériel
opto-électronique. Au même moment Arasor
annonçait un accord portant sur 3 millions
de dollars avec ZTE, équipementier chinois
de matériel de télécommunications
(réseaux et terminaux : téléphones
portables, commutateurs DSLAM, modem ADSL...) fournisseur
notamment de matériel pour France Telecom...
et qui est en train d'installer une unité au
Futuroscope.
Une mayonnaise qui avec un "potentiel clients"
de départ de un milliard et 300 millions risque
de prendre et de venir bientôt sur notre table.
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