"Pénélope et Citizen K", jouent "le 35mm n'est pas mort..."

 
  A la fin des années 50 un certain Jean Pierre Beauviala circulait à Grenoble entre les laboratoires d'électronique, les cinémas et, sans doute, les cafés de la place Grenette ; à cette même époque je circulais à Grenoble entre les laboratoires d'électronique, les cinémas et les cafés de la place Jean Jaurès. Nous ne nous sommes rencontrés que bien des années plus tard.
A cette époque je jouais au rugby (très mal) avec le GUC (Grenoble Université Club) et les Dimanche soirs nous beuglions dans le car qui nous ramenait de Voiron ou de Bourgoin Jallieu "Non, non , le GUC n'est pas mort, car il bande encore, car il bande encore..."
Quelle Odyssée! .
 
François Luxereau
Pénélope
En 1962, Technicolor introduisit à Rome le format 35 mm TECHNISCOPE. Il s'agissait de proposer un format d'enregistrement économique (en s'affranchissant en outre des objectifs métamorphiques) pour le tournage en Cinémascope de ce que l'on a appelé, avec un certain mépris, les westerns spaghettis. 363 films furent, en 19 ans tournés en TECHNISCOPE parmi lesquels les superbes films de Sergio Leone.

Il n'était pas possible à cette époque,compte tenu de l'état des pellicules, de gonfler en 4 perf anamorphique les images Techniscope ; Technicolor réalisait sur des tireuses spéciales 3 matrices N&B gonflées en 4 perf anamorphiques d'où étaient tirées les copies 35 couleur.
Puis le format disparut de l'horizon.
Après un long exil, il réapparut ( à la manière d'Ulysse) en Australie en 1999, avec le format MultiVision 235 du laboratoire MovieLab, comme une alternative au "Super 16 .
Il est possible d'inscrire directement dans ce format, sans anamorphose, une image au rapport 2,3 :1 (Panavision) ou même 2,55:1 (Cinémascope) si l'on sacrifie la piste son comme en super 35.
Le format Techniscope met en oeuvre un déplacement de la pellicule sur deux perforations (format 2 perfs) à la place du déplacement standard sur 4 perforations.

Ce format présente des avantages non négligeables : il divise par deux la quantité de pellicule nécessaire ce qui divise également par deux le prix de revient, et multiplie du même coup par deux la durée de prise de vues d'un magasin (9 minutes avec un magasin de 400 pieds). Il permet en outre l'utilisation d'objectifs classiques.


L'apparition d'émulsions à grain fin, la réalisation de caméras aux mécanismes plus précis, la généralisation des intermédiaires numériques (digital intermediates) transparents ainsi que des imageurs de haute qualité font que les images 2 perfs sont aujourd'hui à un niveau tel que les copies de projection qui en sont issues sont considérées comme excellentes.

Les caméras doivent bien entendu être adaptées au format. On a ainsi vu apparaître les modèles modifiés Arri IIC Re, Eclair CM3, Mitchell S35 Mk II. Plus récemment Arri et Panavision ont proposé des modèles Arriflex 235 2 perf et Panavision Platinum 2 perf.

C'est alors qu'intervient Penelope, le dernier joyau d'Aäton.

Cette caméra au mécanisme précis, construite en aluminium et polycarbonate, silencieuse (22/23 dB), légère (8 kg avec magasin et batteries), et maniable dans la tradition " du chat sur l'épaule " chère à JPB, peut être rapidement configurée, au choix, en 2 ou 3 perfs.
Elle embarque deux batteries Li-Ion, une pour le moteur d'entraînement du film, l'autre pour les accessoires : moteurs de zoom, afficheurs... Elle dispose d'un nouveau " video-assist " dont la définition est double de celle de la génération précédente ainsi que d'une liaison USB2 ou Ethernet vers un ordinateur portable avec possibilité d'exporter des images fixes JPEG et des métadata.
Elle peut enregistrer à des fréquences comprises entre 1 et 50 images par seconde.
Le chargement des magasins est rapide et simple.
Un magasin numérique "DigiMag" qui pourra se substituer aux magasins film, contenant un capteur CMOS et un disque d'enregistrement. devrait arriver en 2009.

Citizen K
Ce diable de JPB ne s'est pas arrêté là, comme ces athlètes qui battent record sur record.
Quittant un domaine, celui des caméras, où il a gagné ses médailles olympiques le voici qui innove avec un imageur 35 mm dénommé AätonK qui, à peine présenté, est salué comme révolutionnaire et constituant une nouvelle référence (benchmark).
Quels sont les secrets de la machine tels que j'ai pu les approcher (pas encore beaucoup de données techniques disponibles) ?

1- Un objectif télécentrique qui fait que chaque point est vu sous une direction parallèle à l'axe optique, ce qui entraîne
  - grandissement constant quelque soit l'éloignement de l'objet
- très faible distorsion,
- pas de diffraction
- pas d'erreur de perspective

2- Un obturateur matriciel LCD 4096 x 3112 (dimension du pixel 6 µm)
3- Une illumination par LEDs (deux couleur de rouge à 650 et 700 nm afin de s'adapter aux différents types de pellicule
4- Une auto-calibration grâce à un analyseur réflex avec un CCD 16K qui assure une reproductibilité parfaite des réglages densitométriques et de l'uniformité.
5- Des LUTs internes
6- Un positionnement de la pellicule très précis fruit de l'expérience accumulée dans la construction des caméras.
Les résultats annoncés sont plus que prometteurs et, connaissant JPB, rien ne permet de les mettre en doute.

La machine peut traiter des fichiers 2K et 4K à une vitesse supérieure à celle des imageurs laser (0,8 i/s en 4K et 2,7 i/s en 2K ) et avec une résolution presque double : 45% MTF @83 lp/mm (4k), 72% MTF @40lp/mm (2k); elle traite tous types de pellicules : négatifs, internégatifs, positifs de diffusion et permet simplement une séparation RGB pour archivage sur trois pellicules N&B.
 
Avec Pénélope et CitizenK (dénomination personnelle) Aäton tient aujourd'hui les deux bouts de la chaîne enregistrement 35 mm- post-production numérique-diffusion 35 mm.
Date :09/11/2008 Source: Rédac Auteur :FL Société: JPL

 
 
 
 
 
 
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