Micro salon, mega intérêt

 
 

Pour sa neuvième année, le Micro Salon organisé par l'AFC (Association Française des directeurs de la photo Cinématographique) a eu lieu les 6 et 7 février dans les locaux de La fémis.
Ce salon, dénommé avec humour et modestie "Micro" a l'immense avantage d'être entièrement consacré aux techniques de réalisation cinématographique : concision et efficacité garanties.
Machinerie (des véhicule travelling avec têtes gyro-stabilisée à la Louma 2), éclairage (depuis de minuscules panneaux à diodes jusqu'aux gros projecteurs HMI), objectifs, pellicules...Chacun pouvait trouver réponse à ses questions.
Je me suis essentiellement intéressé aux nouvelles caméras numériques à haute résolution.

 
François Luxereau
Mono C-MOS et RAW : la tendance
Ce salon manifeste une nouvelle tendance qui devrait voir se multiplier les modèles de caméras numériques sur le marché .
Les avancées techniques, tant dans le domaine des capteurs que dans celui des mémoires (disques et cartes flash), vont en effet simplifier la construction des caméras dont le synopsis va se trouver grandement simplifié : un seul capteur C-MOS haute résolution, au format Super35 ou Super16, (ce qui simplifie la construction du chemin optique et permet l'utilisation d'optiques cinématographiques classiques) suivi d'un simple enregistrement des données brutes, non traitées (gamma, matriçage...) en fichier RAW (brut de décoffrage) avec une compression plus ou moins élaborée à base d'ondelettes (solution qui avait été retenue, au moins partiellement, il y a bien des années par la Viper avec le mode FilmStream).
Une ébauche de traitement est effectuée à la volée lors du tournage (balance des blancs, application d'une courbe de gamma standard, dé-Bayerisation rapide) afin de permettre un visualisation de l'image sur moniteur. On peut également envisager l'utilisation d'un ordinateur portable ou d'un boîtier dédiés pour une visualisation plus précise avec simulation de réglages fins.

La réalisation de la caméra ainsi que sa mise en oeuvre sur le terrain sont évidemment simplifiées puisque l'essentiel des opérations de mise en forme du signal est effectué, au calme, après tournage, via des opérations logicielles sur des stations de travail ad hoc.

LES ETAPES DE TRAITEMENT RAW d'après http://www.cineform.com/technology/CineForm_RAW.htm
Rappelons que tous les formats RAW, largement développés par les fabricants d'appareils photographiques, sont propriétaires. ADOBE a cependant proposé un format RAW ouvert le format DNG (supporté évidemment par Photoshop, After Effects et Premiere) et qu'il existe des plug-in permettant de travailler les autres formats propriétaires.

La caméra ARRI D21 reprend et améliore les caractéristiques de la D 20 : boîtier et ergonomie "cinéma", monocapteur C-Mos au format 4/3 24 x 18 mm à 2880 x 2160 photosites avec filtre de Bayer permettant l'utilisation des optiques 35 mm classiques, simplicité de mise en oeuvre et d'utilisation des menus, viseur optique à miroir permettant la vision du "hors champ".
Elle bénéficie d'avancées logicielles et matérielles (notamment un nouveau mode de "dé-Baeyrisation") améliorant la saturation ainsi que la MTF. Mais surtout elle dispose maintenant, en plus de la sortie HD, d'une sortie (dual SDI HD link) dénommée ARRIRAW T-Link, permettant l'enregistrement des fichiers "non traités" ARRIRAW sur de enregistreurs à disque de la société S.TWO ou des enregistreurs SSR (Solid State Recorder) embarqués de type Venom ou Codex.

La caméra RED-ONE, un OCMI (Objet Cinématographique Mal Identifié) sur lequel nous reviendrons, faisait son entrée dans le monde de la production. Présente dans les catalogues des sociétés de location, elle a déjà à son actif de nombreux tournages, aussi bien pour des longs métrages que pour des clips ou des pubs. Son prix de location attractif n'est pas son seul argument ; après essais nombreux sont les réalisateurs qui ont été convaincus et qui s'en sont bien portés.
Cette caméra, la première d'une famille en développement, dispose, elle aussi, d'un capteur C-Mos dénommé Mysterium (et dont le mystère est bien entretenu) de dimensions 24,4 x 13,7 mm (format 16/9) il dispose de 4096 x 2304 photosites avec filtre de Bayer, qui permet une résolution 4K jusqu'à 30 i/s, 3K jusqu'à 60 i/s et 2K jusqu'à 120 i/s ! Le rapport S/B n'est cependant pas encore très élevé : 66 dB
Le corps de la caméra est compact et léger et peut être équipé, selon les besoins, d'une large gamme d'accessoires. La sortie est en mode RAW compressée par ondelettes sur cartes flash (8Go pour environ 5 minutes en 4K) ou sur disque de 320 G (180 minutes) développés par RED.


La caméra SI-2K
de Silicon Imaging (distribuée par P+S Technik, qui a réalisé le boîtier, et par Emit en France) utilise un capteur 2K au format Super16. La tête caméra, très compacte peut être détachée du corps de la caméra pour des applications spécifiques.
P+S Technik a développé un rig pour des prises de vues stéréoscopiques, un support pour 4 têtes (utilisable pour des prises de vues sur 180° pour des applications 3D sur écrans lenticulaires) ainsi qu'un viseur optique.
Les données RAW " CineForm " sont enregistrées sur un groupe de disques de 160 Go ou sur cartes flash.
Cette caméra a déjà à son actif des tournages sur certain nombre de longs métrages dont le fameux Slumdog millionnaire.

DIFFERENTES CONFIGURATIONS  

1 - Tête de mini-caméra SI-2K raccordée par câble à l'unité d'enregistrement SI-2K.

3 - Monture 3D pour prise de vue stéréoscopique avec deux têtes de caméra SI-2K.

2 - Tête de mini-caréra SI-2K raccordée par Ethermet à un ordinateur portable.


4 - Configuration pour prise de vue à 180°
avec quatre têtes de caméra SI-2K
munies d'objectifs à monture C.

Ces nouvelles configurations, relativement simples à mettre en oeuvre sans un savoir faire très étendu, (en gros, conjonction d'un capteur et d'un logiciel disponibles en OEM) vont certainement permettre à de nouveaux entrants de venir sur le marché. En témoignent ces deux sites
http://www.ikonoskop.com/dii/ et http://www.kinor.ru/

Date :10/02/2009 Source: Rédac Auteur :FL Société: JPL