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Lorsque
quelques pionniers ont compris l'intérêt
de l'utilisation des techniques numériques
pour l'audiovisuel chacun d'eux a proposé
sa solution, souvent intelligente, mais rarement
compatible (volontairement ou non) avec celle
du voisin et concurrent. La multiplication des
formats ainsi que des solutions "propriétaires"
a été un frein à la généralisation
de ces techniques. La notion d'interopérabilité
est apparue alors comme essentielle. |
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François
Luxereau
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La "Task Force for Harmonized Standards for
the Exchange of Program Material as Bitstreams"
(harmonisation des standards pour l'échange de
programmes sous forme de flux numériques) de
la SMPTE (Society of Motion Picture and Television
Engineers) et de l'UER/EBU (Union Européenne
de Radiodiffusion / European Broadcasting Union)
s'est émue de cette floraison incontrôlée
et a décidé de mettre un peu d'ordre dans
le chaos de la Babel des formats en publiant un volumineux
rapport en 1997.
Le travail de la Task Force (en français
corps expéditionnaire ou détachement spécial)
a dû prendre en compte l'existant, notamment en
ce qui concerne les méthodes de compression dont
elle a retenu deux familles de systèmes : MPEG-2
et DV ; par contre le chemin vers le futur (notamment
en matière de transmission) a été
bien balisé.
Essence, metadata et "wrappers"
La task force a déterminé deux
types de données qu'il était nécessaire
de transmettre afin d'assurer l'interopérabilité
ainsi qu'une utilisation efficace, rationnelle et patrimoniale
des programmes audiovisuels:
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Les
données premières : le contenu
du programme, celui que le spectateur ou l'auditeur
cherche à recevoir est constituent ce qui
est nommé "Essence" (images,
sons, données alpha-numériques),
Les metadata ou métadonnées
sont des données documentaires qui accompagnent
l'essence et précisent ses propriétés
(bits about the bits comme disent les anglophones).
Elles peuvent être d'ordre technique (type
de fichier, mode de compression, code temporel...),
d'ordre commercial (copyright) ou descriptives
(lieu -coordonnées GPS- et date d'enregistrement,
mots clés,...), elles peuvent également
être des sous-titres, des annotations.... |
La combinaison des données "essence"
et des metadata associées constitue ce que la
Task Force a dénommé "content".
Celui-ci doit être placé dans un "emballage"
ou un conteneur dénommé Wrapper
afin d'être transmis ou stocké. Il existe
de nombreux types de wrappers qui sont optimisés
pour des applications précises : streaming, stockage,
bases de données... Tous ont en commun d'être
issus du même modèle générique.
MXF
Le format MXF (Material eXchange Format) a
été conçu par le "Pro-MPEG
Forum" en collaboration avec le groupe AAF (Advanced
Authoring Format) dans les années 1998-2004
afin d'en finir avec les nombreux problèmes
dus à l'utilisation de formats propriétaires
grâce au conteneur MXG-GC (MXF Generic Container)
Les
formats MXF et AAF sont proches parents et se comprennent
entre eux.
Le format AAF est plus complet : il intéresse
des documents en cours de post-production et transporte
tous les éléments des EDL (Edit Decision
List), c'est à dire tous les renseignements
concernant la réalisation d'un document : référence
de tous les éléments utilisés,
points de montage, effets spéciaux...bref tous
les paramètres qui permettent la conformation
d'un programme.
Le format MXF concerne la transmission ou l'archivage
de documents terminés (séquences ou
programmes complets), il n'a donc pas à s'encombrer
de ces EDL.
MXF,
qui est devenu LE format professionnel d'échanges
de données audiovisuelles supporte le code
temporel (évidemment) ainsi que de nombreux
types de métadonnées et tourne sur tous
types de plates-formes : Windows, Mac, Unix, Linux
(platform-agnostic). Il peut convoyer tous
types de fichiers non compressées ou compressés,
DV ou MPEG , ou tout type de compression à
venir (compression-agnostic).
Il concerne aussi bien l'acquisition que la post-production,
la diffusion et l'archivage pour lesquels il joue
un rôle "fédérateur".
Le format MXF a été adopté par
des caméscopes (P2 Panasonic et XD-Cam Sony),
par la famille des enregistreurs IMX, par des serveurs
Omneon, Grass Valley, Leitch, Quantel, Seachange
,
par des systèmes de montage non linéaire
Avid, Pinnacle, Apple Final Cut Pro, Adobe Premiere
Pro......ainsi que par la plupart des systèmes
d'archivage. Il a également été
retenu par DCI (Digital Cinema Initiative) pour
la distribution des programmes de cinéma numérique.
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