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Le
16 Novembre, un forum sur le cinéma numérique
s'est tenu au Cinéma Publicis à l'initiative
de la société " Doremi Cinema ".
Quelques repères ont été donnés
en début de séance afin de bien faire
comprendre l'importance ainsi que la rapidité
du passage à la diffusion numérique dans
les salles.
C'est en Juillet 2005 que le groupe DCI (Digital Cinema
Initiative), regroupant les principaux studios de production
hollywoodiens, a publié sa spécification
1.0 retenant le codage JPEG 200O de préférence
au codage MPEG-2 précédemment utilisé.
En juin 2006, à l'initiative de la CST, l'AFNOR
a publié la norme S 204 NF S27-100 appuyée
sur les recommandations DCI.
Aux USA il existe 1 700 écrans (presque tous
à la norme DCI) et le parc s'étend au
rythme de 200 écrans par mois.
En Europe on ne trouve que 400 écrans dont seulement
150 en accord avec la spécification DCI.
Il serait évidement temps de s'inquiéter... |
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François
Luxereau
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Patrick
Zucchetta a présenté la gamme des produits
de la société Doremi dont le siège
est à Burbank (USA) et le siège européen
à Sophia Antipolis.
Cette société est le principal fournisseur
de serveurs JPEG 2000 utilisés dans les salles avec
90% du parc installé. Il s'agit des serveurs DCP
2000 conformes à la spécification DCI. Ces
serveurs supportent également le format MPEG-2 qui
peut en effet être utile pour la diffusion de "
contenus alternatifs " dont il sera question plus loin.
Ils disposent par ailleurs d'une carte d'entrée externe
RVB ou DVI leur permettant de recevoir des sources locales.
Patrick Zucchetta a insisté sur la grande flexibilité
de programmation qu'apporte à l'exploitant l'utilisation
de ces serveurs numériques : reprogrammation instantanée
des écrans, stockage de longue durée des programmes,
chargement des programmes via les satellites ou les réseaux.
Avec l'ADSL 2+, un long métrage peut-être téléchargé
en une nuit ; l'offre FTTH (Fiber To The Home) à
50 Mb/s, en cours de déploiement, ramènera
cette durée à 2 ou 3 heures. Un programme
publicitaire de 10 minutes, un peu moins exigeant en qualité,
pourra être chargé en moins d'une demi-heure.
Doremi
Cinema fournit, par ailleurs, avec la station DMS 2000,
une solution pour l'encodage (en 2K ou 4K) , le cryptage
et l'empaquetage des programmes de cinéma numérique
qui fournit le DCP (Digital Cinema Package) à partir
du master de distribution ou DCDM (Digital Cinema Distribution
Master); cette station permet également de "
relocaliser " un programme en lui ajoutant des sous-titres
ou des pistes audio supplémentaires.
Doremi
possède également une gamme d'appareils de
spécifications inférieures aux spécifications
DCI mais permettant la diffusion des ces fameux contenus
alternatifs sous tous formats SD ou HD
Christophe
Lacroix, consultant indépendant et ancien Directeur
Technique de Buena Vista International a fait un exposé
sur un point crucial : celui de l'économie et de
la rentabilité des salles équipées
en numérique.
La question est simple, les contenus dits "alternatifs"
peuvent ils accroître les revenus ? Sa réponse
est claire, oui, ils peuvent accroître ces revenus
dans une proportion de 30 à 50%. "pris un
par un, ces revenus ne sont pas toujours significatifs,
dit-il, mais l'ensemble le devient"
Au plan
technique il note la flexibilité des serveurs qui
peuvent supporter des sources externes variées.
Il désigne deux familles essentielles de contenus
:
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-
celle liée directement au cinéma avec
des bonus (making off, interviews..) à la manière
du DVD, (mais avec l'émotion collective en prime)
et avec la présentation, plus classique, de bandes
annonce et de programmes publicitaires.
- celle relative à des présentations de
type forums, séminaires...qui peuvent, en dehors
des horaires de projection " classiques ",
bénéficier du confort des salles et de
leurs possibilités d'accueil. |
"Il
y a une logique de lieu" dit-il ; "une
salle de cinéma, avec son hall susceptible d'accueillir
un cocktail, ses fauteuils confortables, sa sonorisation,
-et j'ajouterai (FL), pour faire écho à l'édito
de Pierre William Glenn dans la dernière lettre de
la CST, sa moquette- c'est autre chose qu'une salle polyvalente".
Il rappelle
à ce propos qu'il est indispensable de repenser la
diffusion en direct et en salle de grands évènements
sportifs musicaux ou culturels (le rêve avorté
de Jean Charles Edeline il y a un quart de siècle)
en soulignant tout le supplément d'émotion
qu'apporte le spectacle collectif par rapport à la
consommation individuelle.
Marc
Welinski (CielEcran) connaît bien ce domaine de
la diffusion d'évènements en direct ou en
différé.
La société CielEcran est spécialisée
dans l'offre de programmation de contenus alternatifs par
satellite. Sa cible a été au départ
des salles communales, puis des salles de cinéma
indépendantes sont venues s'associer au réseau
ainsi que plusieurs multiplexes.
La société prend en charge la captation ainsi
que la négociation des droits de diffusion. Pour
les directs, la technologie satellite en MPeg2 HD est utilisée.
Pour les programmes en différé, divers supports
numériques sont disponibles : DVD, Cassette Béta
numérique ou encore téléchargement
de fichier numérique sur serveur.
CielEcran propose aux salles une programmation régulière
(2 fois par mois) de théâtre, concerts, récitals,
humour, programmes scolaires ou programmes pour enfants.
CielEcran propose également une programmation exceptionnelle
d'évènements sportifs, comme la,coupe du monde
de football, ou de grands spectacles, comme Ben Hur de Robert
Hossein qui a été diffusé, le vendredi
17 novembre à 20 h 30, dans une trentaine de salles
de cinéma.
En ce qui concerne les salles de cinéma Marc Welinski
précise que ces programmes resteront des programmes
de complément, mais qu'ils sont assez facilement
gérables dans le cadre de la programmation classique,
notamment dans les multiplex.
Les relations commerciales ajoute-t-il sont coulées
dans les habitude du métier de l'exploitant, avec
une billetterie CNC, et un partage des recettes.
Nicolas
Dussert, de SmartJog est ensuite intervenu afin d'expliquer
le savoir faire de cette société dans le cadre
de la distribution de contenus numériques.
SmartJog dispose d'un réseau de 3000 utilisateurs,
dont 200 sociétés de production, 140 chaînes
de télévision, 110 distributeurs, avec plus
de 400 serveurs déployés dans plus de 60 territoires.
Il s'agit d'un réseau fermé de serveurs dédiés,
avec échanges sécurisés, à distribution
hybride (satellite et internet) capable de diffuser aussi
bien de très gros fichiers, de plusieurs centaines
de Go, que de petits fichiers de quelques Mo
Le service
de livraison électronique des contenus SmartJog pour
les cinémas numériques est interopérable
avec l'ensemble des serveurs du marché. Des développements
plus spécifiques sont effectués pour une intégration
plus fine avec les systèmes Doremi. Il est par exemple
possible de charger automatiquement un film numérique
dans plusieurs serveurs simultanément (jusqu'à
4 serveurs). L'intégrité de chaque fichier
est bien entendu contrôlée à l'issu
de ce transfert.
SmartJog
dispose de deux centres de stockage distants (Nanterre et
Los Angeles) d'une capacité de 50 To. Les données
sont automatiquement et régulièrement dupliquées
entre les deux sites offrant ainsi une sécurisation
maximale des contenus critiques. Le lien entre ces deux
centres de stockage est à Gb/s.
Une équipe technique supervise 24heures sur et 24
et 7jours sur 7 le trafic ainsi que l'ensemble des serveurs
déployés par la société chez
ses clients dans le monde entier.
SmartJog tire profit d'une double connectivité terrestre
et satellite. Disposant d'une bande passante de 4 Gb/s sur
Internet et par l'utilisation d'un protocole de transmission
optimisé, SmartJog garantit des transferts rapides
sur un simple lien ADSL de type grand public. Une couverture
satellite internationale (5 satellites du réseau
INTELSAT) vient compléter l'offre et permet de desservir
les cinémas les plus retirés avec une bande
passante sur toute l'Europe de 30 Mb/s.
Cette double connectivité permet d'assurer une qualité
de service maximale et surtout une disponibilité
du service permanente ; le satellite pouvant suppléer
la liaison terrestre.
Les débits disponibles partout en Europe procurent
une réactivité importante et ouvre de nouvelles
opportunités. Dans le cadre de la publicité
par exemple, une campagne peut être distribuée
simultanément à l'ensemble des cinémas
connectés en seulement quelques minutes.
L'accès au service s'effectue par clé USB
sécurisée, authentifiant l'utilisateur.
Il s'agit donc d'une solution hautement sécurisée
et qui garantit l'intégrité absolue du contenu
d'un bout à l'autre de la chaîne de distribution.
Matthieu
Sintas de la CST a fait le point sur le programme (CNC,
RIAM) concernant la plate forme ISA (Interoperability and
Security Architecture). Il s'agit d'une plate-forme de référence
visant à tester tous les composant d'une chaîne
de distribution de programmes de cinéma numérique,
d'en vérifier la compatibilité et d'en tester
les usages.
Les différents partenaires
du projet sont :
Doremi Cinema pour ce qui concerne l'encodage JPEG
2000 ( 110 Go pour un programme de 90 minutes en 2k, 200
Go en 4k) des contenus ainsi que leur lecture
Open Cube (Toulouse) pour le conditionnement des
fichiers (empaquetage MXF),
SmartJog qui fournit la plate-forme de distribution
sécurisée des copies,
Thomson Content Security (laboratoire de Rennes)
pour la sécurisation des contenus grâce au
KDM, ( Key Delivery Message) et au filigrane, ou watermarking,
permettant de traquer d'éventuelles copies pirates
réalisées sur des caméscopes dans les
salles,
La CST qui développe des outils logiciels
pour ce qui concerne la fourniture de DCDM (Digital Cinema
Distribution Master) -2048x1080 ou 4096x2160, 12 bits, XYZ-
d'images de tous types en conduisant des tests auprès
des fabricants et des laboratoires et qui gère la
coordination du programme ISA,
Eclair Digital Cinema qui centralise les réactions
des exploitants, crée les procédures de test
et établit la liaison avec DCI et SMPTE DC28.
CN films qui, en relation avec les distributeurs
teste les processus de numérisation.
La plate-forme
ISA s'est illustrée en Septembre à ETC (Entertainement
Technology Center, chargé d'approuver les innovations
du cinéma numérique) à Los Angeles,
avec une diffusion depuis la France d'une version 4k du
film "Paris je t'aime" qui a été
unanimement et chaleureusement appréciée par
les professionnels du cinéma de Hollywood.
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