Bienvenue dans la rubrique Audio d'ActuAV.com.


  L'interface audionumérique AES/EBU
 
  L'interface audionumérique AES/EBU est à la base de nombreux systèmes de transport du son numérique, professionnels et grand public. Elle a résisté à toutes les évolutions technologiques depuis l'apparition du CD en 1982, et est toujours d'actualité à l'heure de la haute définition. Voici quelques principes de base.
 
Jean-Pierre LANDRAGIN
 


L'interface audionumérique AES/EBU (AES 3) a connu sa première version en 1985 (AES3-1985), reprise par l'UER (EBU en anglais) dans le document Tech 3250 E. Cette interface a subi une importante actualisation en 1992 (AES3-1992). La version actuellement en vigueur date de 2003 (AES3-2003) et a reçu un léger amendement en 2008. Initialement prévue pour transporter sur câble des signaux audionumériques série à deux canaux, elle a servi de base à de nombreux procédés de transport audio numériques professionnels (ATM, MADI, audio incrusté "embedded", etc.) et grand public (S/P-DIF).

Interface électrique
L'interface électrique la plus répandue est symétrique. Le connecteur est de type XLR-3, le niveau est de 5 V crête à crête à vide, l'impédance caractéristique est de 110 Ohms. Le câble recommandé est la paire torsadée. La longueur de câble maximale sans précautions particulières est de 150 m.
Alternativement, il existe une interface électrique sur câble coaxial 75 Ohms. Le niveau est de 1 V crête à crête à vide. Le connecteur le plus fréquent est le RCA mais on rencontre parfois des appareils équipés de BNC.
(voir IEC 958)

Un convertisseur dCS propose (presque) toutes les variantes d'interface électrique pour l'audio numérique AES: XLR simple (jusqu'à 96 kéch/s) et double (jusqu'à 192 kéch/s), coaxiales (RCA et BNC) et optiques (ST et Toslink).
Sous-trame de base
L'interface AES est dédiée au son numérique PCM non compressé. La brique de base du protocole AES3 est la sous-trame. Chaque sous-trame comporte 32 intervalles temporels élémentaires et contient un échantillon audio. Sa structure est la suivante :
  - Préambule : 4 intervalles
- Données additionnelles : 4 intervalles
- Données audio : 20 intervalles
- 4 bits de contrôle : V (Validité), U (Utilisateur), C (Channel Status), P (Parité).
Ce format permet de transmettre des échantillons audio PCM, quantifiés linéairement, codés sur 16 à 20 bits (dans le cas d'échantillons de longueurs inférieures à 20 bits, les bits de plus faibles poids sont forcés à zéro). Les quatre bits de données auxiliaires sont alors libres pour divers usages, par exemple pour un canal audio de moindre qualité (signalisation, interphonie...).

 

Dans le cas d'échantillons de taille supérieure (24 bits), les 4 bits de plus faibles poids peuvent être insérés dans les données additionnelles.

 

On rappelle que les échantillons audio sont en binaire, les valeurs numériques sont codés en complément à deux. Par conséquent, le bit de plus faible poids est significatif du signe (polarité du signal audio).

Trame
La trame AES3 comprend deux sous-trames. La première sous-trame porte les données audio du canal A, la seconde sous-trame porte le canal B. Ces deux canaux peuvent former un signal stéréo (et dans ce cas, une trame porte un échantillon complet de ce signal stéréo), ou bien deux voies audio monophoniques indépendantes (mais dont l'échantillonnage est synchrone).
La trame est identifiée par les préambules de type différent.

 

  La synchronisation, un problème quoi doit toujours être considéré avec beaucoup de circonspection dans les applications audio numériques professionnelles.

Bloc
Un bloc est une succession de 192 trames successives.
Le début de chaque bloc est repéré par une trame particulière qui diffère des autres par le préambule du canal A différent.

 

Bloc de "Channel Status"
L'ensemble des bits C d'un bloc forme lui-même un bloc répétitif de 192 bits (soit 24 octets) porteur d'informations concernant l'audio véhiculée par l'interface. Plusieurs types de syntaxe peuvent se présenter selon le contexte. Le premier bit (bit 0 de l'octet 0) indique si l'usage est professionnel ou grand public. Selon l'état de ce bit, le bloc de Channel Status adopte deux syntaxes différentes.

 
Structure du bloc de Channel Status. Cliquer sur l'image pour voir le mode grand public (PRO=0) ou le mode professionnel (¨PRO=1)

Le codage de canal
Les signaux AES3 ne sont pas transmis avec le codage naturel par niveaux logiques (dit NRZ) mais avec un codage particulier (parfois qualifié de modulation) qui répond à trois critères :
  (1) Faciliter la transmission en minimisant la composante continue (ce qui permet de traverser sans encombre les couplages par condensateur et/ou transformateur)
(2) Faciliter la récupération de l'horloge en minimisant les intervalles de temps sans transition et en maximisant les transitions synchrones avec l'horloge.
(3) Résister aux inversions de polarité (inversions fortuites des fils de la paire torsadée, câblage croisé des enroulements de transformateurs de liaison, insertion d'amplificateurs inverseurs en nombre impair...)
Le codage retenu est dit biphase (biphase-mark) ou modulation de fréquence. Il est identique à celui qu'emploie le code temporel longitudinal LTC des magnétoscopes et autre transports de bande. Il ne s'applique qu'aux données utiles, les préambules étant exclus de cette règle.

Le principe du codage est le suivant :
  - Il y a toujours une transition à la fin de chaque période d'horloge (ce qui satisfait parfaitement le point 2)
- Si le signal vaut 0 pendant la période d'horloge, on ne change rien
- Si le signal vaut 1 pendant la période d'horloge, on ajoute une transition au milieu de la période d'horloge
On notera que cet algorithme répond parfaitement à l'impératif (3), puisque la valeur du signal est déterminée par la présence ou l'absence de transition, sans préjuger de son sens. Ainsi, une inversion de polarité, qui ne change rien à l'absence ou la présence de transitions, ne viole pas la règle de codage.
L'apparition d'une longue suite de 0 ou de 1 est impossible. Une suite de 0 est codée par un signal identique à l'horloge bit. Une suite de 1 est codée par un signal à une fréquence double de l'horloge bit.

 

Préambules
Les trois types de préambules ne sont pas codés biphase et se distinguent du reste du signal par des violations de la règle du codage biphase. On notera que chacun des préambules comporte deux formes complémentaires selon l'état du signal biphase à l'issue de la sous-trame précédente.

 


Les trois formes d'onde correspondant aux préambules de synchronisation du flux AES3. Cliquer sur l'image pour voir les trois formes alternatives
Date :14/05/2008 Source: Rédac Auteur :JPL Société:  

 
 
 
 
 
 
Cet espace est disponible pour vos liens commerciaux et vos publicités