Bienvenue dans la rubrique Architectures (Systèmes informatiques, réseaux, diffusion, stockage de données) d'ActuAV.com.


  IP TV à la CST
 
Le 21 Novembre, Luc Héripret (Sofrecom, filiale de France-Telecom) membre du Département " Imagerie Numérique et Multimédia" avait invité Nouvel Nivedita (NIS Network Intelligence Solution du groupe Thomson) et Fabien Vieau (Viaccess) pour une présentation de ce qu'on nomme IPTV (Télévision sous Protocole Internet )
Cette nouvelle offre s'inscrit dans l'avènement du "Triple Play". Triple parce qu'il regroupe l'accès à Internet, la téléphonie et la distribution de programmes de télévision. Il ne s'agit pas de programmes de télévision sur ordinateur, mais bel et bien d'un vrai programme (bientôt en haute définition) sur le téléviseur du salon..
 
François Luxereau
 



Cette offre est poussée par trois facteurs, indique Luc Héripret :

  - une forte demande des utilisateurs pour des services haut débit (dans lesquels il faudra intégrer, -mais c'est un autre sujet- des applications médicales, commerciales, ainsi que le travail à domicile)
- la généralisation des réseaux ADSL, ADSL2+ et sans doute, à court ou moyen terme, FTTH (Fiber To The Home à 100 Mb/s)
- la dérégulation des services de télécommunication qui a encouragé l'arrivée de nouveaux compétiteurs

Les opérateurs de télécommunication, surnommés dans le jargon les "telcos", sont confrontés à une baisse de leurs revenus traditionnels dans la téléphonie et doivent proposer de nouveaux services afin de développer leur chiffre d'affaire par abonné (ARPU, Average Revenue Per User) et de fidéliser les usagers et de "vendre de la connexion".
L'accès aux programmes vidéo par la prise téléphonique est un levier essentiel dans ce but avec le slogan affiché "any service, anywhere, anytime, any format, any network"

Les services IP-TV s'implantent un peu partout dans le monde. Les opérateurs "historiques" ont souvent été à l'initiative de ce démarrage. Hong Kong est la figure de proue avec près de 650 000 abonnés ce qui lui donne le taux relatif d'installation par habitant le plus élevé du monde, mieux que la Corée, qui est pourtant la référence mondiale dans le haut-débit. L'Europe est en phase d'équipement rapide, notamment en France avec plus de 600 000 abonnés et 7 opérateurs (Orange, Free, Neuf, Alice, Tele2, Club Internet, AOL) devenus récemment 6 avec le regroupement AOL-Neuf Telecom. Les USA sont en retard avec moins de 100 000 abonnés ; il est vrai que les réseaux câblés ainsi que la distribution par satellite y sont largement développés et, dit-on, que leur implication étroite avec Microsoft dans ce domaine n'a pas été une réussite !

Il s'agit d'un marché de masse (avec 10 millions de foyers rapidement éligibles en France) pour lequel les opérateurs désirent rompre avec le modèle gratuit proposé par Internet et cherchent à établir des partenariats avec les créateurs de contenus.

L'architecture
L'accès des usagers au service s'effectue grâce à un modem-routeur (home gateway) un décodeur (set-top-box) au nom élégiaque, Machin-box ou Truc-box.....
Les services ont commencé en 2003 avec MaLigneTV de France-Telecom avec un débit de 3,5 Mb/s en MPEG-2 qui est en train d'être progressivement divisé par deux avec l'utilisation de MPEG-4 . Des services HD (débit compris entre 6 et 12 Mb/s) ont été lancés en 2006. En 20078 devraient se généraliser des services Haute Définition à 6 Mb/s.

L'architecture d'une plate-forme IPTV, comme la plate-forme Smartvision de Thomson, est complexe. Elle doit en effet assurer simultanément

  - la communication avec l'usager via un DSLAM (Digital Subscriber Line Access Multiplexer) la ligne téléphonique et la Machin-box,
- la communication avec les chaînes de télévision qui inclut la protection des contenus ainsi que la gestion des droits par un contrôle d'accès comme Viaccess,
- la communication avec le fournisseurs de programmes VOD (Video On Demand),
- la communication avec les systèmes d'information et de gestion de l'opérateur.





Quels services ?
Dès lors que l'on dispose d'un haut débit il faut créer de nouveaux services qui le justifient et en tout cas qui fassent la différence avec les offres concurrentes.
On connaît les grands classiques : réception d'un bouquet de chaînes après payement (PPV Pay Per View sous différentes formes : abonnement mensuel, payement à la séance...), programmes à la demande (VOD Video On Demand)...
Les opérateurs ainsi que les industriels concernés par les plates-formes ou les terminaux domestiques envisagent (comme TiVo aux USA) d'autres services considérés comme à valeur ajoutée.
Chez Thomson on parle d'expérience "Rich IPTV", comme on parle de Rich Media, accessibles interactivement à partir de la télécommande.
Des guides de programme intuitifs, une fonction "zaplist" avec PiP (Picture in Picture), un accès simple à des informations de service (météo, sans doute cours de la bourse et PMU...), la fonction NPVR (Network Personal Video Recorder) qui permet, grâce à un clic sur la télécommande, d'enregistrer les programmes sur le site de l'opérateur et non plus sur un disque dur local (de capacité nécessairement limitée), l' "instant messaging" qui fait apparaître l'identification d'appels téléphonique ou des listes de contact...sont des pistes en cours d'évaluation.
Si la technique semble au point, les nouveaux usages ainsi que les modèles économiques semblent encore un peu flous.

"Quelle durée, pour qui et comment ?", cette interrogation prononcée au cours de cette réunion, par ailleurs passionnante, est à méditer.

 
 
Date : 10/01/2007 Source: Rédac Auteur FL Société:  

 
 
 
 
 
 
Cet espace est disponible pour vos liens commerciaux et vos publicités